« Ce qui peut être montré ne peut pas être dit. »
Wittgenstein

« On ne partage pas ses gouffres avec autrui, seulement ses chaises. »
René Char

La peinture est un chant de l’écart.
Ce qui n’est, à l’origine, qu’une intention devient une image incarnée; dans cet écart se trouve la spécificité de l’image peinte.

La peinture est un instrument de présence, en elle résonne le miracle de l’existence.
Elle est.
Elle est dans l’intensité d’un regard, la douceur d’un reflet, dans les plis d’un tissu; elle habille la résurgence du souvenir.
Ces empreintes de l’ineffable sont les témoins muets de l’inéluctable, la peinture donne à contempler le temps qui passe.

Elle pose un silence là où d’habitude nous tentons de proposer des mots.

Interroger l’existence, son vide ou sa plénitude.
Saisir les secondes du chien et du loup, entre le suspendu et l’inexorable.
Chaque toile est une tentative de reconstruction de cet instant; le lieu de la confrontation au monde, celui de notre rencontre avec le réel, lieu de vie et de mort.

Rendre au monde ce que le monde nous a donné.

Guillaume Montier